Un poème pour toi, maman



Aujourd’hui, 17 février, ma maman a 65 ans.
Je ne dois ma vie qu’à son bon vouloir. Qu’à sa décision, plus ou moins consciente, d’offrir à Gaïa une autre existence.
Cette décision elle-même est tellement aléatoire qu’il y aurait eu 10 000 autres probabilités que je ne voie pas le jour.
Et pourtant, je suis là.


 On a beau dire que les parents doivent laisser ceux à qui ils ont donné la vie exister par eux-mêmes. On a beau pousser du nid ceux qu’on voudrait encore tant couver.
C’est précisément parce que je ne lui dois rien que je lui dois tout.
Moi qui fus arrachée à elle dans la douleur. J’ai émergé, bu les sanglots du monde alors que j’étais si bien, immergée dans son antre rond.
À notre mère, on doit tout. Parfois. Parfois, on n’y arrive pas. L’amour-fusée, l’amour-excès. L’amour édulcoré. Théâtralisé.
Puis les ans s’égouttent et tombent dans le vase exigu de l’existence, ciselé par les espoirs et les regrets.
Plus le temps avance en aiguisant sa faux, plus il dégraisse le superflu.

Parfois, la Mama Lova comme le dit la chanson, on l’adore. Parfois, on l’abhorre. Parfois même les deux.
Pour ceux qui l’ont perdue autant que pour ceux qui la côtoient encore, le lien qui se tisse entre maman et enfant jamais ne s’étiole.

Il peut tâcher, le lien du sang. L’amour de chair et de sang. Mais jamais il ne laisse indifférent. L’amour d’une mère envers son enfant.

Bon anniversaire, maman.


Annajo Janisz

* Tous droits réservés *


À ceux qui ont connu leur mère, à ceux qui en auront simplement rêvé. À ceux qui conjuguent l’amour maternel au présent, à ceux qui ne peuvent plus qu’en parler au passé. À toutes les mères et à tous les enfants.